Morelly

Code de la Nature, ou le véritable Esprit de ses Loix.
(1755)

(estratti a cura di Antonio Zama, tratti dal sito internet www.taieb.net/auteurs/Morelly/Code.html)

 

Non è semplice tracciare un quadro bibliografico della vita di Morelly, un po' per le scarse informazioni di cui siamo attualmente a disposizione; un po' per i dubbi che permangono sull'autore e sulla sua vita (a tutt'oggi non vi è certezza nemmeno sul nome dello stesso e sulla sua data di nascita e di morte, nonchè sulla identità cui attribuire certi scritti; esistono, infatti, casi controversi, relativi ad alcune opere, che si ritengono di dubbia attribuzione, forse Morelly padre, anzichè figlio).

Morelly è nato e vissuto in Francia nel XVIII secolo (anche qui, non vi sono dati certi) e la sua opera filosofica ha lasciato un segno indelebile nel mondo della sociologia del diritto e della filosofia giuridica.
L’opera più famosa di Morelly è senz'altro il “Codice della natura” del 1755, che fu per lungo tempo attribuito a Diderot, nel quale, sulla linea dell’utopismo politico di ispirazione comunista, Morelly descrive le istituzioni di una società ideale. Egli vagheggia una società utopica, nella quale tutti i membri raggiungono una serenità ed una felicità basata sulla comunanza dei beni e sulla assenza di proprietà.

Tra le altre opere che gli sono attribuite, che svilpuppano i temi ricorrenti dell'autore, quali la bontà della natura umana, guastata dalla formazione degli stati e della proprietà privata, e quello di una costituzione di una società ideale su base ugualitaria e collettivistica, si possono ricordare: Essai sur l'esprit humain, ou Principes naturels de l'éducation, del 1743; Essai sur le cœur humain, ou Principes naturels de l'éducation, del 1745; Physique de la beauté, ou Pouvoir naturel de ses charmes, del 1748; Le Prince, les délices des cœurs, ou Traité des qualités d'un grand roi et sistème général d'un sage gouvernement, del 1751

Riportiamo, di seguito, uno stralcio del Secondo Libro del Codice della Natura del 1755, in particolare lo scritto "Pourquoi les loix devoient être faites".

 

Seconde Parite - Pourquoi les loix devoient être faites.

Les loix d'institution ne devoient être faites que pour rappeller et remettre en vigueur, la premiére loi naturelle de sociabilité; elles devoient tirer toutes leurs dispositions particuliéres de cette loi générale; faire servir ces conséquences à l'étendre et à l'expliquer; prévoir et prévenir les cas qui pouvoient donner atteinte à son autorité, ou tendre à éluder ses intentions. Point du tout : ces loix factices et momentanées, ont commencé par directement contredire celle qui devoit être éternelle, et de laquelle elles devoient emprunter toutes leurs forces, aussi ne faut-il pas s'étonner de leur instabilité, de leur embarras, de leur multitude.

C'est ce cahos qu'a si savanment parcouru le célèbre Auteur de l'Esprit des Loix; esprit dont il a fait connoître l'inconstance, en faisant l'histoire et l'analyse de ces loix versatiles. Tel a été son objet; le mien, dans cette dissertation, est de faire voir précisément pourquoi les loix humaines sont par elles-mêmes si sujettes à de fréquens changemens, et à mille inconvéniens dangereux.

Ces loix, je ne cesse de le repéter et on ne saurait trop le redire, en établissant un partage monstrueux des productions de la Nature et des élémens même, en divisant ce qui devoit rester dans son entier ou y être remis si quelque accident l'avoit di-visé, ont aidé et favorisé la ruine de toute sociabilité. Sans altérer, dis-je, la totalité des choses immobiles, elles devoient ne s'attacher qu'à régler, non la propriété, mais l'usage et la distribution de celles qui ne sont point stables : il ne falloit pour cela que partager les emplois, les secours mutuels des membres d'une société : s'il devoit regner quelque inégalité harmonique entre des Concitoyens, c'étoit de l'examen des forces de chaque partie de ce Tout qu'il falloit déduire ces proportions ; mais sans toucher à la base qui porte le corps de la machine. C'est une maxime de prudence économique, qu'un homme riche en fonds, ne doit projetter que sur l'emploi de ses revenus.

Vrai medium de toute démonstration politique ou morale, et cause premiére de tout désordre.

C'est sur l'évidence des principes que je viens de m'efforcer de dégager comme d'un tas de ruines, que J'ose ici conclurre qu'il est presque mathématiquement démontré que tout partage, égal ou inégal, de biens, toute propriété particuliére de ces portions, sont dans toute société, ce qu'Horace appelle summi materiam mali. Tous phénomènes politiques ou moraux sont des effets de cette cause pernicieuse; c'est par elle qu'on peut expliquer et résoudre tous théorêmes ou problêmes sur l'origine et les progrès, l'enchainement, l'affinité des vertus ou des vices, des désordres et des crimes; sur les vrais motifs des actions bonnes ou mauvaises ; sur toutes les déterminations ou les perplexités de la volonté humaine : sur la dépravation des passions; sur l'inefficacité, l'impuissance des préceptes et des loix pour les contenir; sur les défauts même tecniques de ces leçons; enfin, sur toutes les monstrueuses productions des égaremens de l'esprit et du cœur. La raison, dis-je, de tous ces effets peut se tirer de l'obstination générale des Législateurs, à rompre ou laisser rompre le premier lien de toute sociabilité par des possessions usurpées sur le fonds qui devoit indivisiblement appartenir à l'humanité entiére.

Combien il étoit facile aux premiers Législateurs de reconnoître les intentions de la Nature, et d'y conformer leurs institutions.

Mais, repliquera-t'on, étoit-il bien possible que les premiers Législateurs de notre Continent poliçassent les Peuples comme vous prétendez qu'ils auroient dû faire? et quand ils l'auroient pu, leurs loix, leurs institutions, n'auroient-elles pas été aussi sujettes à la corruption et aux changemens qu'elles le sont?

Je répons premiérement, que la plupart des peuples, qui de notre connoissance se sont les premiers soumis à des loix, n'étoient point dans ces tems aussi nombreux qu'ils le sont devenus : ainsi, selon l'objection même que vous m'avez faite ci-devant, c'est là précisément ce qui a facilité les législations, et ce qui en auroit favorisé de meilleures : de plus, ces peuples indigênes (1), ou Colons, devoient être à peu près, ce que sont depuis un grand nombre de siécles, les Nations de l'Amerique septentrionale : il étoit donc facile à leurs Sages d'établir leurs loix sur les vrais fondemens de la Nature ; ils étoient alors presque à nud et sans rupture, ces solides fondemens, qu'il faut aujourd'hui creuser avec tant de peine: quand ils les ont trouvé quelque part alterés par les accidens qui pouvoient faire languir les affections sociales, ils devoient travailler à les rétablir, en faisant revivre ces affections. Exactes observateurs de ce que dictent ces sentimens, commentateurs conséquens de leurs premières loix, ils pouvoient les étendre, mais en conserver le texte dans toute sa pureté.

On demandera encore, si ces Législateurs, en suivant pas à pas les sages intentions de la Nature, n'auroient pas, malgré la docilité des Peuples, rencontré des difficultés de détail dans les applications particuliéres de leurs loix à la distribution des diverses occupations, aux moyens de pourvoir suffisanment aux besoins publics et particuliers, et à ceux de faire également subsister sans confusion, sans discorde, une multitude de Citoyens; difficultés dont la moindre a souvent fait échouer les plus beaux projets.

Je dirai que tout cela auroit été une simple affaire de dénombrement de choses et de personnes, une simple opération de calcul et de combinaison, et, par conséquent, susceptible d'un très-bel ordre. Nos faiseurs de projets anciens et modernes, ont conçu et exécuté des desseins incomparablement plus difficiles, puisqu'outre les accidens imprévus, ils avoient contr'eux la raison de la Nature, et les obstacles sans nombre qui naissent de l'erreur et dont elle s'embarrasse elle-même. Enfin, si l'on doit s'étonner, c'est que ces imprudens aient réussi en quelque chose.

 


I passi riportati sono tratti dal sito internet
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